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Niger / attaque terroriste: la Côte d'Ivoire démonte le récit de Tiani

Soldats nigériens © Giles Clarke/ Getty Images
Soldats nigériens © Giles Clarke/ Getty Images

Une nouvelle attaque jihadiste a été signalée dans la région d’Ayorou, à l’extrême ouest du Niger, une zone géographique stratégique et dangereuse située près de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso. Cette offensive, survenue quelques jours après l’assaut contre l’aéroport international de Niamey, illustre une fois de plus l’emprise persistante des groupes armés dans les zones frontalières et met en lumière l’incapacité du régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani à assurer la sécurité des populations et des forces de défense.


Une attaque revendiquée et des positions militaires visées


Selon plusieurs sources, les jihadistes de l’État islamique au Sahel (EIS) ont cette fois pris pour cible le camp de la Garde nationale d’Ayorou, une position militaire régulièrement attaquée depuis plusieurs années en raison de sa proximité avec les frontières instables du Sahel.


Des témoins et des sources sécuritaires indiquent que les assaillants ont occupé brièvement la caserne, mis la main sur au moins trois véhicules équipés de mitrailleuses, puis se sont retirés vers le nord.


Des informations locales évoquent au moins trois soldats tués, bien qu’un bilan officiel n’ait pas encore été rendu public.


Cette localité est située dans la région de Tillabéri, l’un des principaux foyers de l’insécurité au Niger, où opèrent depuis des années des groupes jihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda.


Ces groupes profitent de la porosité des frontières avec le Mali et le Burkina Faso pour mener des incursions rapides avant de se replier hors de portée des forces nigériennes.


Un échec sécuritaire de plus pour Niamey


L’attaque de ce lundi s’ajoute à une longue série d’assauts contre des positions militaires nigériennes dans l’ouest du pays, où l’ennemi profite du relief, de l’immensité du territoire et de l’absence d’un contrôle étatique effectif.


Malgré les discours martiaux et les promesses répétées de restauration de l’autorité de l’État, le Niger peine toujours à sécuriser ses zones frontalières, pourtant identifiées depuis longtemps comme des épicentres de la menace jihadiste.


Cette réalité de terrain contraste fortement avec la communication du général Abdourahamane Tiani dans les jours précédents, notamment après l’attaque de l’aéroport de Niamey, où il avait accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’être les « sponsors » de ces violences.


Des accusations graves, lancées sans éléments probants, qui ont rapidement suscité des réactions diplomatiques dans la sous-région.


La Côte d’Ivoire hausse le ton et sort du silence


Face à ces accusations jugées mensongères et diffamatoires, Abidjan a décidé de rompre avec la retenue habituelle.


Le 5 février 2026, le ministre porte-parole du gouvernement ivoirien Amadou Coulibaly a confirmé publiquement la convocation de l’ambassadrice du Niger et l’envoi d’un courrier officiel de protestation à Niamey.

« Son Excellence, Madame la ministre des Affaires étrangères a effectivement reçu Madame l’ambassadeur du Niger pour lui exprimer une vive protestation. Un courrier de protestation a été également adressé. À ce jour, nous sommes en attente donc de la réponse à ce courrier. »

Le porte-parole du gouvernement ivoirien a rappelé que ces accusations ne sont pas nouvelles, mais qu’elles n’ont jamais été étayées par la moindre preuve, soulignant une fois de plus leur caractère infondé.

« Oui, vous avez raison que ce ne sont pas des accusations nouvelles de la part de l’AES. À ce jour, nous attendons les preuves de toutes les autres accusations. Je serais tenté de ne pas faire plus de commentaires étant entendu que l’État islamique du Grand Sahel a revendiqué cet attentat pour lequel de façon grotesque la Côte d’Ivoire et d’autres pays ont été accusés. »

La ligne rouge franchie : le nom du président Ouattara


Abidjan justifie cette réaction inhabituelle par un changement majeur dans la nature des accusations nigériennes.


Pour la première fois, le nom du chef de l’État ivoirien a été explicitement cité.

« Jusqu’à ce jour, ces pays de l’AES qui accusaient la Côte d’Ivoire n’ont jamais mêlé le nom du chef de l’État à leurs accusations fantaisistes. (…) Mais ici, pour ceux en tout cas qui ont entendu ces accusations, le nom du chef de l’État a été mêlé à cela. Ce que nous, Ivoiriens, respectueux de notre président, nous refusons. »

Le message est clair. Si Abidjan pouvait ignorer des attaques générales contre le pays, la mise en cause directe du président Alassane Ouattara constitue une ligne rouge infranchissable.


La Russie évoquée, Abidjan reste ferme


Interrogé sur les déclarations russes évoquant une possible ingérence de « certains pays » dans les événements au Niger, le porte-parole du gouvernement ivoirien a tenu à recadrer le débat, sans céder à l’escalade verbale.

« De un, la Russie n’a pas indiqué la Côte d’Ivoire. Elle a parlé d’ingérence de certains pays. De deux, la Russie n’a pas impliqué le chef de l’État. (…) Nous avons d’excellentes relations avec ce pays (…) Mais mon propos était très clair (…) on n’acceptera pas que le chef de l’État, le président de la République Son Excellence Alassane Ouattara, soit vilipendé de façon mensongère. Nous ne l’accepterons pas. »

Une diversion politique qui ne tient plus


Pendant que Niamey multiplie les accusations et les déclarations tonitruantes, les attaques jihadistes se poursuivent sur le sol nigérien.


L’État islamique a revendiqué l’assaut contre l’aéroport de Niamey, et l’attaque du 2 février à Ayorou s’inscrit dans un schéma bien connu d’actions menées depuis la zone des trois frontières, indépendamment de toute manipulation étrangère.


Ces faits affaiblissent encore davantage la narration officielle du régime de Tiani et renforcent l’idée d’une stratégie de diversion destinée à masquer une incapacité chronique à endiguer la menace jihadiste.


Conclusion : Abidjan démonte le récit de Niamey


L’attaque d’Ayorou, combinée à la revendication claire de l’État islamique et à la riposte verbale cinglante de la Côte d’Ivoire, met à nu la fragilité du discours nigérien.


En choisissant d’accuser sans preuves des pays voisins et leurs dirigeants, le régime de Tiani s’expose désormais à une contestation diplomatique ouverte.


La sortie d’Abidjan, ferme et assumée, marque un tournant. Les accusations "cosmétiques" ne suffisent plus à masquer la faillite sécuritaire du Niger, et la diversion politique semble désormais éclater au grand jour.

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