Depuis la prison civile d’Adjagbo, où il est détenu pour viol présumé sur une mineure, l’activiste et écrivain Constantin Amoussou a publié une lettre ouverte adressée à Mahoutin Jonas Koudenoukpo. Dans ce texte, il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui et accuse ses détracteurs d’avoir nourri contre sa personne une haine décennale visant à le détruire. Il affirme que la campagne médiatique et judiciaire orchestrée contre lui repose sur des mensonges et cherche à ternir son image publique.
L’expertise médicale comme clé de sa défense
Amoussou s’appuie sur le rapport d’expertise médicale commandé par l’Office central de protection des mineurs (OCPM).
Selon lui, l’examen a été réalisé dans les 24 heures suivant la présentation de la supposée victime et dans des conditions optimales, son père ayant pris soin de préserver l’intégrité des preuves.
Les conclusions, citées dans sa lettre, sont claires : aucune pénétration, aucune lésion, aucune trace de frottements, de sperme ou de sang n’a été relevée et l’examen indique que la jeune fille présente des signes d’une activité sexuelle ancienne et fréquente.
Pour l’écrivain, ce rapport « balaie en une fraction de seconde la montagne de mensonges échafaudée » par ses adversaires.
Des mises en cause directes
Dans sa lettre, Constantin Amoussou s’en prend directement au père de la jeune fille, Pierre Mathieu Yakpetchou, qu’il accuse d’avoir manipulé sa fille depuis l’âge de dix ans et d’avoir orchestré cette affaire.
Il interpelle également Mahoutin Jonas Koudenoukpo, qu’il accuse d’avoir relayé des informations mensongères par animosité personnelle et d’avoir alimenté une campagne de haine contre lui depuis dix ans.
Il affirme que si Koudenoukpo avait été honnête, il se serait excusé après la révélation du rapport médical.
Des questions qui mettent à mal l’accusation
Pour renforcer sa défense, Constantin Amoussou pose une série de questions destinées à mettre en lumière les incohérences de l’accusation.
Il s’interroge sur la déscolarisation de la jeune fille, affirmant qu’elle ne va plus à l’école depuis trois ans contrairement aux déclarations publiques qui la présentent comme élève de troisième.
Il évoque également le fait que la fillette a été photographiée et filmée dès l’âge de dix ans en train de publier des contenus sur une page Facebook, et que son père lui aurait acheté des pilules contraceptives.
Ces questions visent à montrer que la version relayée par ses accusateurs est incohérente et qu’il existe des zones d’ombre sur la vie de la mineure.
Un ton offensif et déterminé
Dans sa lettre, Amoussou parle de « maladie de la haine » pour désigner l’acharnement dont il se dit victime depuis dix ans.
Il décrit ses adversaires comme des « pétrisseurs de déjections » et affirme que le mensonge finit toujours par être rattrapé par la vérité.
Il conclut sa lettre sur une référence littéraire à Homère, déclarant : « Tu vas tenir, mon cœur ; Contre chiennerie plus forte, tu as déjà tenu », affirmant ainsi sa détermination à résister aux attaques.
Retour en prison et report du procès
À la suite de sa comparution devant le juge dans la matinée du jeudi 2 octobre 2025, Constantin Amoussou retourne en prison et son procès a été reporté au 23 octobre 2025.
Ce report intervient avant la publication de sa lettre, maintenant le dossier sous forte attention médiatique et politique.
Une affaire qui divise l’opinion
Cette sortie écrite depuis sa cellule, combinée à son retour en prison et au report du procès, relance les débats dans l’opinion publique béninoise.
D’un côté, ceux qui voient en Amoussou une victime d’un complot destiné à abattre un activiste gênant, et de l’autre, ceux qui attendent que la justice tranche impartialement au-delà de la polémique et des passions.
Dans tous les cas, le dossier reste sous haute tension, mêlant enjeux judiciaires, médiatiques et politiques.
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