Urgent/Guinée : le Colonel Claude Pivi meurt en détention de...
- Towanou Johannes
- 2 days ago
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Le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé ce mardi 6 janvier 2026, le décès en détention du colonel Claude Pivi, figure emblématique de l’appareil militaire guinéen condamné pour crimes contre l’humanité en lien avec le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.
Un jugement historique assorti d’une longue cavale
Claude Pivi, ancien officier supérieur et ex-ministre chargé de la sécurité sous le régime du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, dont meurtre, torture et autres exactions, liés à la répression sanglante de manifestants au stade du 28 septembre 2009.
Ce jugement, rendu le 31 juillet 2024 par le Tribunal de première instance de Dixinn, l’avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans et d’un mandat d’arrêt à diffusion internationale.
Pivi s’était évadé de détention en novembre 2023 lors d’une spectaculaire opération, avant d’être arrêté en septembre 2024 au Libéria puis extradé vers Conakry où il avait été incarcéré à la maison centrale de Coyah pour l’exécution de sa peine.
Décès en soins intensifs : autopsie ordonnée
Selon le communiqué officiel, Pivi souffrait de pathologies chroniques, notamment un diabète sévère, une hypertension artérielle et des troubles articulaires, conditions qui faisaient l’objet d’un suivi médical régulier en détention.
Le 4 janvier 2026, il a été évacué d’urgence à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré, après une dégradation brutale de son état due à une hypoglycémie sévère.
Après deux jours en soins intensifs, il est décédé ce 6 janvier 2026, dans un coma hypoglycémique, selon le médecin traitant.
Dans un souci de transparence et afin d’établir formellement les circonstances exactes de cette mort en détention, une autopsie médico-légale a été ordonnée sur réquisition du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Coyah. Les résultats de cette procédure feront l’objet d’un communiqué ultérieur.

Un héritage lourd et des blessures toujours ouvertes
Le nom de Claude Pivi restera associé à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire guinéenne récente.
Le massacre du 28 septembre 2009, au cours duquel les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants au stade de Conakry, a été qualifié de crime contre l’humanité, faisant au moins 150 morts, des centaines de blessés et de nombreux viols.
Ce procès, considéré comme un tournant pour la justice guinéenne, avait également abouti à la condamnation de plusieurs hauts responsables de l’ancien régime.
Pour les familles des victimes et les défenseurs des droits humains, l’exécution des décisions de justice représentait une étape essentielle vers la reconnaissance des souffrances endurées et la lutte contre l’impunité.
La mort de Claude Pivi en détention marque la fin d’un parcours judiciaire long et controversé, mais elle pourrait aussi relancer les débats sur la gestion des détenus de haute sécurité, l’état de santé en prison, et la nécessité d’un traitement digne même pour les condamnés les plus controversés.
Au-delà de la disparition de Claude Pivi, ce chapitre tragique continue d’interroger les Guinéens sur la voie de la réconciliation nationale, la réparation des victimes et la construction d’un système judiciaire plus fort et plus juste.









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